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Le leader de Uashat mak Mani-utenam établit un parallèle entre la DPJ et les pensionnats.

Le chef de la communauté de Uashat mak Mani-utenam, Mike Mckenzie, établit un lien frappant entre la Loi sur la protection de la jeunesse du Québec et l’héritage douloureux des pensionnats. Selon lui, les pratiques actuelles de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) rappellent les méthodes coercitives des pensionnats qui ont eu un impact dévastateur sur les enfants autochtones.

Un parallèle alarmant

Mckenzie souligne que le processus de signalement dans les cas de protection de la jeunesse implique une intervention rapide où les enfants peuvent être retirés de leur foyer familial par la force policière. Il indique, « C’est exactement le même principe que ce qu’ont vécu nos ancêtres. La force policière et les systèmes juridiques sont utilisés pour déplacer les enfants, souvent loin de leurs racines communautaires, ce qui a conduit à des déchirements incommensurables. »

Cette comparaison vise à souligner la persistance de pratiques qui, bien que sous des formes modernes, reproduisent les griefs historiques vécus par les peuples autochtones au Québec, un sujet qui ne cesse d’évoquer des émotions vives dans les communautés concernées.

Une législation qui redéfinit le bien-être des enfants

Mardi, Mckenzie a mis en lumière l’importance du projet de Loi Tshisheuatishitau, qui a été récemment adopté. Ce projet de loi, élaboré sur plus d’une décennie, a pour objectif de retirer les membres de la communauté de la Côte-Nord des dispositions de la Loi sur la protection de la jeunesse du Québec. Au lieu de confier le bien-être des enfants à des institutions extérieures, la loi permet aux familles de la communauté de prendre ces décisions critiques.

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Marie-Claude André-Grégoire, avocate impliquée dans la conception de cette législation, souligne que l’ambition de la communauté est de garantir que les tribunaux, tels que la Cour du Québec et la Cour supérieure, n’exercent plus aucune autorité sur les affaires relatives aux enfants. « Notre objectif est de restaurer le pouvoir au sein des familles et de s’assurer que les enfants évoluent dans un cadre qui valorise leur bien-être, » affirme-t-elle.

Des solutions communautaires au centre de la prise de décision

Pour garantir le succès de cette initiative, plusieurs instances locales comme des conseils de famille, des comités de sages et des cercles de soutien seront établis pour guider les décisions concernant les enfants. Ces structures sont conçues pour encadrer les parents qui traversent des difficultés, tout en s’appuyant fortement sur les valeurs culturelles et linguistiques des Innus.

L’approche est clairement définie : elle cherche à favoriser le maintien des enfants au sein de la communauté, dans un environnement qui valorise leurs traditions et leurs racines.

Un pas vers l’autonomie gouvernementale

L’adoption de cette loi représente une étape significative pour la communauté de Uashat mak Mani-utenam vers une plus grande autonomie. Mckenzie décrit cet avancement comme un moment historique : « C’est une opportunité pour notre communauté de gérer elle-même les questions qui la concernent, que cela soit au niveau juridique ou social. »

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En devenant la deuxième communauté autochtone du Québec à se doter d’une législation spécifique sur la protection de l’enfance, Uashat mak Mani-utenam se positionne comme un modèle pour d’autres communautés, affirmant ainsi son droit à l’autodétermination.

Une mise en œuvre à venir

La Loi Tshisheuatishitau devrait entrer en vigueur d’ici l’automne 2025. Avant cela, des négociations avec le gouvernement du Canada et le gouvernement du Québec sont nécessaires pour établir un Accord de coordination. Ce dernier garantira une transition fluide pour le traitement des dossiers liés aux enfants et veillera à ce que la mise en œuvre des nouvelles mesures respecte les besoins et les spécificités de la communauté.