Les institutions d’enseignement supérieur au Québec, y compris les universités, les cégeps et les collèges privés, sont sur le point d’introduire de nouveaux quotas limitant le nombre d’étudiants internationaux qu’elles peuvent accueillir. Cette décision, annoncée par le gouvernement provincial, vise à encadrer et à réguler l’immigration étudiante dans la province.
### Un cadre réglementaire pour l’immigration étudiante
Le gouvernement québécois prévoit de fixer des quotas de certificats d’acceptation du Québec (CAQ) pour chaque institution. Ce certificat est essentiel pour obtenir ultérieurement un permis d’études à l’échelle fédérale. Selon les documents internes divulgués, les seuils des CAQ seront adaptés en fonction des différents établissements, prenant en compte leur capacité d’accueil et leur historique d’inscription d’étudiants étrangers.
### Une augmentation des étudiants étrangers sans précédent
Auparavant, le Québec ne connaissait aucune restriction sur le nombre d’étudiants internationaux admis, ce qui a conduit à une hausse significative et parfois désordonnée des inscriptions. En janvier 2024, le ministère avait déjà délivré près de 134 000 CAQ, une progression notable par rapport aux 122 000 délivrés l’année précédente. Cette tendance s’est intensifiée avec l’arrivée du gouvernement Legault, qui avait attribué moins de 60 000 certificats en 2018.
### Impact ciblé sur les établissements
Les conséquences de ces quotas ne seront pas uniformes à travers toutes les institutions. Certaines universités, notamment celles de Montréal, dont l’achalandage d’étudiants étrangers est déjà élevé, seront moins touchées. En revanche, d’autres établissements, qui servaient souvent de tremplins pour des migrants demandant l’asile, subiront des restrictions plus strictes.
### Réactions du milieu éducatif
Le milieu universitaire exprime des préoccupations face à cette nouvelle réglementation. Des recteurs et des porte-paroles de cégeps signalent une diminution des candidatures d’étudiants internationaux, liée à l’incertitude et aux mesures restrictives récentes sur les politiques d’immigration. Le recteur de l’Université du Québec à Trois-Rivières a souligné l’importance des étudiants étrangers pour le développement de la province et pour répondre aux besoins de main-d’œuvre locale.
### Coordination avec la politique fédérale
Parallèlement, le gouvernement fédéral a mis en œuvre des stratégies pour limiter l’immigration temporaire, y compris un plafond réduit de permis d’études pour les deux prochaines années. Cela s’inscrit dans une démarche globale visant à mieux gérer les flux migratoires et à répondre aux enjeux de main-d’œuvre du Canada.
### Réduction des professions admissibles
L’annonce des quotas coïncide également avec la modification de la liste des professions admissibles au traitement simplifié pour l’embauche de travailleurs étrangers temporaires. La nouvelle liste, entrée en vigueur récemment, a drastiquement réduit le nombre de professions du secteur universitaire, ce qui compromet davantage les démarches d’immigration pour les professeurs et enseignants.
### Implications pour l’enseignement supérieur
Les défis liés à l’assistance internationale deviennent cruciaux pour les institutions d’enseignement supérieur du Québec. Alors que le secteur se bat pour attirer des talents, ces limitations imposées pourraient nuire à la compétitivité des établissements québécois sur la scène internationale. Les éducateurs et les administrateurs plaident pour des politiques qui favorisent un accueil plus inclusif et une meilleure intégration des étudiants étrangers, essentielles pour le dynamisme académique et économique de la province.
