Une infirmière du Québec a été suspendue pour avoir fait appel à une personne non qualifiée afin de la remplacer lors de certains de ses quarts de travail, une décision qui soulève des questions importantes sur l’éthique et la responsabilité professionnelle dans le milieu de la santé.
Contexte de la situation
Linda Ymele Nandong, membre de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec depuis mai 2022, a exercé dans plusieurs sites d’accueil temporaire pour demandeurs d’asile, sous l’égide d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC). Ces établissements exigent la présence continue d’infirmières pour effectuer des évaluations médicales cruciales, notamment lors de l’arrivée des demandeurs d’asile, afin de détecter rapidement des signes d’infection.
Le manquement aux responsabilités professionnelles
Entre décembre 2022 et février 2023, pour éviter d’arriver en retard à ses quarts de nuit, Mme Ymele Nandong a sollicité une personne, appelée « Madame C », qui n’avait aucune qualification dans le domaine infirmier, pour la remplacer pendant différents intervalles. Certaines remplacements ont duré quelques minutes, tandis que d’autres ont couvert des quarts entiers. Cette situation a sérieusement compromis l’intégrité du service de santé fourni aux demandeurs d’asile.
Dénonciation et enquête
Le stratagème de Mme Ymele Nandong a été mis à jour grâce à des dénonciations provenant de personnes familières avec les deux femmes. Le 15 février 2023, une alerte a été donnée à l’agence de placement, suivie de la constatation qu’une personne non reconnue était présente sur le site de travail. La supervision par un membre de l’agence a conduit à une vérification plus approfondie, où il a été confirmé que la personne présente ne pouvait prouver son identité.
Les implications disciplinaires
Suite à cette situation, l’agence a informé l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec, entraînant l’ouverture d’une procédure disciplinaire. Confrontée à ses actes, Mme Ymele Nandong a plaidé coupable et a exprimé des regrets concernant ses choix. Le Conseil de l’OIIQ a été clair sur le fait que ses actions vont à l’encontre des valeurs essentielles de la profession, mettant en avant les risques encourus concernant la divulgation d’informations confidentielles.
Sanctions imposées
En reconnaissance de la gravité de l’infraction et des implications éthiques découlant des actions de l’infirmière, une sanction de trois mois de radiation a été prononcée, accompagnée de l’obligation de couvrir les frais causés par cette affaire dans un délai d’un an. Cependant, il a été noté qu’aucune preuve tangible de préjudice envers les patients n’a été relevée durant cette affaire, atténuant quelque peu les conséquences immédiates pour le public.
