Le recours aux agences privées dans le secteur de la santé québécois évolue significativement. À partir de ce lundi, les établissements de soin des cinq régions ciblées devront se passer de ce type de personnel, une mesure attendue depuis longtemps.
Impacts sur le personnel et les soins
Cette décision est loin d’être anodine, comme l’indique Julie Bouchard, leader de la Fédération interprofessionnelle de la santé. Elle souligne que la fin de l’utilisation des agences privées entraînera des répercussions notables. Les préoccupations liées à la surcharge de travail et aux heures supplémentaires devraient se intensifier, alors que le personnel déjà engagé est souvent surchargé. Bouchard évoque également l’absence de plans d’embauche et de stratégies claires pour assurer une transition harmonieuse, rendant la situation encore plus complexe.
Changement de pratiques dans les établissements de santé
La nouvelle politique touche particulièrement les zones de Montréal, Laval, Montérégie, Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches. Alors que la date butoir avait été initialement fixée à l’automne précédent, le gouvernement a décidé de reporter cette mise en œuvre. À présent, les hôpitaux de ces régions ne pourront plus solliciter des agences pour des remplacements de personnel.
Une situation préoccupante dans certains hôpitaux
D’après les dernières informations, 212 ressources issues d’agences étaient encore actives dans les hôpitaux des cinq régions concernées. Pour certains établissements, ces ressources ne sont sollicitées que pour des remplacements ponctuels. Néanmoins, la situation est particulièrement préoccupante pour des postes clés tels que ceux d’infirmières et d’inhalothérapeutes. Par exemple, le CIUSSS de la Montérégie-Ouest devra mettre en place une réorganisation substantielle afin de garantir la couverture des quarts de travail, surtout en soirée et la nuit.
Le rôle des agences privées dans le système de santé
Un chiffre illustre bien l’ampleur de l’utilisation des agences privées : plus de 4800 employés d’agences ont été intégrés dans le réseau de la santé au Québec. Bien que la Fédération interprofessionnelle de la santé accueille cette initiative, elle souligne que des choix de planification plus avisés auraient facilité cette transition, permettant d’anticiper les manques de personnel.
Prochaines étapes de la politique de santé
Il est également important de noter que cette mesure ne sera pas limitée aux cinq premières régions. À partir du 19 octobre 2025, d’autres zones comme Lanaudière, Mauricie, Centre-du-Québec, Laurentides, Estrie et Saguenay-Lac-Saint-Jean connaîtront les mêmes changements. En outre, le 18 octobre 2026, d’autres régions, incluant l’Abitibi-Témiscamingue et l’Outaouais, devront également se conformer à cette nouvelle réalité.
Ces ajustements signalent un tournant dans la gestion des ressources humaines au sein du secteur de la santé au Québec, avec des implications importantes pour le personnel soignant et l’accès aux soins pour la population.
