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Travailleurs étrangers : Legault envisage de retenir 2000 d’entre eux en région, mais dans d’autres conditions

Les inquiétudes croissantes des PME quant à leurs travailleurs étrangers temporaires (TET) ont suscité une réaction de la part du gouvernement du Québec. Le premier ministre François Legault a affirmé son intention d’examiner la possibilité de maintenir 2000 TET dans les régions, en particulier dans le secteur manufacturier.

Réactions des entrepreneurs

Lors d’une séance à l’Assemblée nationale, François Legault a mentionné que des mesures seraient envisagées pour ces 2000 travailleurs. Cette annonce a été accueillie avec soulagement par les dirigeants d’entreprises qui dépendent fortement de cette main-d’œuvre. Le ministre de l’Immigration, Jean-François Roberge, a soutenu cette position, soulignant l’importance de ne pas appliquer des régulations uniformes sans tenir compte des besoins spécifiques de chaque secteur économique.

Les nouvelles régulations fédérales, instaurées en septembre dernier, limitent la proportion de TET à 10 % au sein des entreprises et restreignent la durée des visas à un an. Ces changements ont mis en péril la situation de plusieurs PME qui dépendent de ces travailleurs pour maintenir leur production. Selon des consultations menées dans la région de Chaudière-Appalaches, près de 2763 TET sont actifs dans le secteur manufacturier, et plus de 60 % des entreprises craignent une réduction de leur capacité de production en raison de ces nouvelles normes.

Craintes sur le terrain

Les entrepreneurs, dont certains rapportent des perspectives inquiétantes concernant l’avenir de leurs activités, signalent que la réduction du nombre de TET pourrait conduire à des choix difficiles. Certaines entreprises envisagent de réduire leurs heures de fonctionnement, tandis que d’autres pourraient être contraintes de délocaliser une partie de leur production à l’étranger. Ces préoccupations ont poussé les chambres de commerce et les associations d’employeurs à demander des aides supplémentaires du gouvernement afin de sécuriser cette main-d’œuvre précieuse.

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Les PME de la région appellent à un assouplissement immédiat des règles entourant l’accès à la résidence permanente pour les TET déjà présents sur le territoire, afin de favoriser leur intégration. Une réponse rapide est jugée essentielle pour maintenir les activités économiques et le dynamisme des régions.

Réponse des associations

Les Manufacturiers et Exportateurs du Québec (MEQ) se félicitent de la réponse proactive du gouvernement. Julie White, PDG de l’association, a mis en avant que pour la première fois, des aménagements pour les TET sont envisagés à un niveau gouvernemental, ce qui témoigne d’une reconnaissance des défis que rencontrent les entreprises. L’accent est mis sur l’importance d’adapter les politiques publiques aux réalités du terrain et aux besoins des entrepreneurs.

État des lieux dans diverses entreprises

Diverses entreprises se retrouvent dans une situation critique face à la législation sur les TET. Par exemple, une entreprise de Rivière-du-Loup a signalé qu’elle risquait de perdre près de la moitié de ses effectifs. D’autres acteurs économiques, comme Tremcar, pourraient se voir retirer 27 de leurs 41 TET. D’autres sociétés, comme Fornirama, perdront également une part significative de leur main-d’œuvre, tandis que le Groupe Meloche devra augmenter le salaire d’une proportion significative de ses employés étrangers.

Les craintes des entreprises sur les conséquences des nouvelles règles témoignent de la nécessité d’une intervention gouvernementale rapide. Les PME appellent à un dialogue ouvert et constructif avec les autorités afin de travailler ensemble à la recherche de solutions viables dans un contexte où la main-d’œuvre est primordiale pour la prospérité des régions et l’économie du Québec.

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