Des voix s’élèvent pour préserver BAnQ face au projet Berri 2
Éminentes personnalités du milieu culturel et intellectuel au Québec, telles que Michel Tremblay, Denys Arcand, Lorraine Pintal et Kev Lambert, se mobilisent pour s’opposer à l’implantation d’un nouveau poste électrique de la société Hydro-Québec, prévu sur le terrain voisin de la Grande Bibliothèque, dans le Quartier latin à Montréal. Un mouvement qui s’est matérialisé par une pétition signée par plus de 600 personnes, revendiquant l’abandon de ce projet en faveur de la préservation des espaces culturels et verts.
Une pétition pour la préservation de l’espace culturel
La pétition, intitulée “Non au béton et aux kilovolts à la place de la culture et des espaces verts”, appelle à la rétrocession du terrain à Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ). Les signataires mettent en avant l’inadéquation du site pour accueillir un poste de transformation électrique de 315 kV, qui, selon eux, “écraserait de son volume tout le quartier environnant”. La Grande Bibliothèque, présentée comme une des rares réussites gouvernementales en matière d’urbanisme et de culture au cours des 25 dernières années, est perçue comme menacée par ce projet jugé à courte vue et élaboré sans réelle discussion publique.
Hydro-Québec sous pression
Les signataires de la pétition demandent ainsi à Hydro-Québec de reconsidérer sa position, d’abandonner le projet projeté et d’envisager d’autres options locales pour y installer un poste de cette envergure. “Nous nous opposons à l’absence complète de vision urbanistique et de respect pour la communauté”, stipule un extrait de la pétition. Cette demande de dialogue public et de prise en compte des espaces culturels va au-delà d’une simple contestation technique ; elle souligne une véritable préoccupation pour l’identité et le développement urbain de Montréal.
La réponse d’Hydro-Québec
En réponse à ces préoccupations, Hydro-Québec a réaffirmé son intérêt pour le terrain de BAnQ, arguant qu’il constitue le seul emplacement viable pour la construction du poste électrique Berri 2. La société d’État explique avoir évalué et écarté huit autres options, jugées irréalisables, dont le site de l’ancien Îlot Voyageur, où la Ville de Montréal envisage pourtant de nouveaux projets de logements abordables. Cette justification technique laisse perplexes les opposants, qui évoquent un manque de vision dans la planification urbaine.
Une opposition grandissante
L’opposition à la construction du poste n’est pas une première. De nombreuses figures influentes, telles que l’ancienne PDG de BAnQ, Lise Bissonnette, l’urbaniste Gérard Beaudet et l’architecte Phyllis Lambert, avaient déjà exprimé leurs réticences à travers une lettre ouverte publiée dans un quotidien local. Cette mobilisation prouve qu’au-delà des préoccupations électorales, une véritable communauté se lève pour défendre le patrimoine culturel et les espaces verts de la métropole.
Imminence du projet et implications
Hydro-Québec justifie la nécessité de ce projet par l’état de délabrement du poste électrique Berri actuel, qui ne répond plus adéquatement aux besoins croissants de la population urbaine. L’entreprise assure qu’un nouveau transformateur est essentiel pour garantir l’alimentation électrique continue du centre-ville. Cependant, les défis liés au projet Berri 2 soulignent l’importance d’un débat public sur l’aménagement urbain et le devenir des espaces culturels à Montréal. Les voix s’élevant contre ce projet font écho à une préoccupation plus large sur la manière dont les décisions sont prises, souvent en décalage avec les réalités et les besoins de la communauté locale.
