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Diminution des créations d’emplois au Québec

La dynamique de l’emploi au Québec : de nouveaux défis à l’horizon

### Croissance de la population et hausse du chômage

Le Québec a observé une croissance démographique significative, en grande partie en raison de l’augmentation des arrivées d’immigrants temporaires. Cette évolution, couplée à une création d’emplois relativement faible dans certains secteurs, a conduit à une hausse du taux de chômage dans la province. Entre décembre 2023 et la fin de 2024, ce taux a grimpé de 4,7 % à 5,6 %. Les recherches indiquent une transition d’un marché de l’emploi régi par la pénurie de main-d’œuvre à une situation où le chômage devient plus généralisé, en particulier parmi les jeunes et les immigrants temporaires, qui rencontrent davantage de difficultés à intégrer le marché.

### La qualité des emplois créés

Malgré ces défis, la création d’emplois à temps plein a connu une tendance positive. L’Institut de la statistique du Québec (ISQ) souligne que les nouveaux postes sont souvent de meilleure qualité, notamment dans le secteur des soins de santé, ainsi que dans des domaines bénéficiant de salaires horaires supérieurs à la moyenne, comme la finance, l’éducation et les services professionnels. En 2024, la province a connu une hausse de 3,1 % des emplois à temps plein, représentative de la meilleure performance observée depuis plusieurs années, à l’exception de la période de reprise post-pandémique.

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### Comparaisons avec d’autres provinces

Le Québec se distingue également par un taux de chômage moins élevé que celui de l’Ontario. En effet, l’écart entre la croissance de l’emploi et celle de la population y est moins marqué que dans la province voisine, ce qui contribue à une situation plus équilibrée sur le marché du travail québécois. Selon des experts, ce contexte plutôt sain du marché de l’emploi pourrait cependant être affecté par des changements économiques futurs.

### Menaces et préoccupations économiques

Les auteurs d’une étude récente mettent en garde contre d’éventuelles augmentations de tarifs douaniers imposés par les États-Unis, qui pourraient avoir des conséquences économiques pour le Québec. Une telle décision pourrait engendrer une réduction des heures de travail, une élévation du taux de chômage ou un abaissement des revenus. L’ampleur de ces effets dépendra de la durée et de l’intensité de l’application de ces nouvelles barrières commerciales.

### Pénuries de main-d’œuvre en perspective

Les analystes évoquent également la possibilité d’une résurgence des pénuries de main-d’œuvre en 2025, en particulier en dehors de la région métropolitaine de Montréal. Divers facteurs pourraient contribuer à ces escasseurs de recrutement, tels que le départ à la retraite de nombreux travailleurs, le resserrement des politiques migratoires et un besoin sans précédent de main-d’œuvre dans le secteur public, en raison du vieillissement démographique.

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### Disparités régionales sur le marché du travail

Les défis liés à l’emploi ne touchent pas uniformément toutes les régions. Le marché du travail dans la grande région de Montréal semble plus difficile, avec un ratio de 2,7 chômeurs pour chaque poste vacant, contre 1,6 dans le reste du Québec. Ce phénomène s’explique en partie par les difficultés relatives des autres régions à attirer des migrants, qu’ils soient internes ou internationaux.

### Facteurs d’optimisme dans un paysage incertain

Bien que le cadre de l’emploi soit en proie à des difficultés, les perspectives de croissance restent présentes, en particulier dans les secteurs de haute qualité. Les autorités et les chercheurs continuent d’affirmer que le Québec devra s’adapter pour tirer parti des opportunités tout en faisant face à des réalités économiques en constante évolution.