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Étudiants étrangers au Québec : Un avenir incertain mais prometteur autrement

Il y a encore quelques années, le Québec se présentait comme un refuge attrayant pour les étudiants étrangers, promettant une voie royale vers l’intégration et la résidence permanente. Cependant, ces perspectives s’assombrissent à mesure que de nouvelles réglementations forcent de nombreux immigrants à repenser leur projet de vie.

## Un parcours semé d’embûches

Des familles entières, comme celle de Rafael Leon en provenance du Mexique, ont fait le choix audacieux de quitter leur pays pour s’installer à Montréal. Ingénieur, Rafael avait investi 31 000 $ dans un programme de gestion de commerce au Collège LaSalle, espérant que cela lui ouvrirait les portes de la résidence permanente. Mais les changements récents dans les politiques d’immigration compliquent son projet, notamment avec la perte de son permis de travail qui était lié à celui de son épouse.

## Changements déstabilisants

La situation n’est pas isolée. Les témoignages de Waneza Madrid et César Cortés, qui ont tous deux planifié leur avenir au Québec dans l’espoir d’une carrière fructueuse, soulignent les difficultés auxquelles ils font face. Waneza, arrivée de l’Argentine, avait un projet bien défini : obtenir une attestation d’études collégiales en administration et solliciter ensuite un permis de travail post-diplôme. Pourtant, les exigences accrues en matière de francisation et les nouvelles restrictions rendent son avenir instable. De même, César, tout juste arrivé en 2023, exprime des doutes quant à l’impact des nouvelles règles sur son projet d’études en administration.

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## Restrictions imposées par le gouvernement

Depuis 2024, le gouvernement du Canada a mis en place des plafonds sur le nombre de permis d’études, entraînant une réduction majeure de l’admission des étudiants étrangers. Ce changement vise à alléger la pression sur le marché locatif et à améliorer la situation des services publics. En 2025, Ottawa prévoit délivrer 437 000 permis, soit une diminution de 10 % par rapport à l’année précédente. Parallèlement, le Québec a suspendu le Programme de l’expérience québécoise (PEQ), une voie autrefois prisée pour obtenir la résidence permanente.

## Une immigration désormais rigide

L’avocate en immigration, Me Nadia Barrou, dépeint une réalité plus sévère pour les étudiants étrangers. Les interprétations précédemment plus humaines des règles ont laissé place à une application stricte. Les étudiants qui rencontrent des défis, tels que des absences dues à des problèmes de santé ou des difficultés financières, se voient désormais pénalisés. Pour de nombreux immigrants, cela témoigne d’un désir clair de réduire le nombre d’étudiants étrangers au Québec.

## Conséquences sur le quotidien

Les impacts de ces nouvelles réglementations sont déjà visibles. De nombreux étudiants se retrouvent dans l’incapacité de renouveler leur Certificat d’acceptation du Québec (CAQ) ou voient leur conjoint perdre leur permis de travail. Les témoignages de Rafaël et Irlanda Espinoza, présidente d’une association d’aide aux immigrants, soulignent une détérioration des conditions de vie, poussant certains à rechercher un soutien alimentaire.

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## Appels à l’aide

La montée des prix et les restrictions de plus en plus sévères font que les étudiants étrangers trouvent souvent refuge dans des banques alimentaires. Par exemple, au Café latino comunitario, la demande de nourriture a explosé, témoignant d’un besoin croissant d’assistance parmi cette population en détresse.

## Un avenir en péril

Les étudiants étrangers, comme Rafael, Waneza et César, réalisent qu’ils ont eu la chance de débuter leur parcours avant le resserrement des règles. Les autres, qui souhaitent désormais suivre le même chemin, se heurtent à des obstacles bien plus grands. Aujourd’hui, seuls les programmes d’AEC conduisant à des professions en forte demande au Canada permettent l’obtention d’un permis de travail post-diplôme, rendant la voie vers la résidence permanente de plus en plus réduite.

Peu d’espoir demeure pour ceux qui souhaitaient construire une nouvelle vie au Québec, car les portes se ferment à de nouvelles opportunités, laissant place à une incertitude grandissante quant à leur avenir dans cette province autrefois accueillante.