Après près de dix ans de service au sein de Hydro-Québec, une carrière marquée par des enjeux de gestion et de harcèlement psychologique a conduit Mody Oury Barry à demander réparation. Promu cadre en mars 2017, M. Barry a rapidement fait face à un environnement de travail hostile et à des pratiques managériales questionnables.
### Une entrée difficile dans un poste de direction
À son arrivée à un poste de cadre, M. Barry a été averti par sa supérieure de la complexité de l’équipe qu’il allait gérer. Elle lui a clairement fait comprendre qu’il pourrait être confronté à des comportements racistes en raison de sa couleur de peau. Ces premières alertes ont été le présage d’un parcours semé d’embûches. Chargé de redresser une unité en difficulté, il a rapidement été isolé de certaines tâches importantes, provoquant des plaintes de la part de certains membres de son équipe.
### Des plaintes et un congé maladie
La situation a poussé M. Barry à prendre un congé de maladie de mai à septembre 2018. Pendant cette période, il a déposé une plainte pour harcèlement psychologique, soutenue par une enquête qui a constaté des éléments fondés de sa réclamation. Malgré le rapport de l’enquêtrice, Hydro-Québec a décidé de clore le dossier sans explication. Le Tribunal administratif du travail (TAT) a noté que la société d’État a largement ignoré les résultats de son enquête interne.
### Un retour imprévisible après un congé
À son retour au travail, M. Barry a été accueilli par un discours à l’opposé de son besoin de soutien. Ses supérieurs, décrits comme peu empathiques, lui ont exprimé des préoccupations sur des manquements pendant son congé, sans même prendre le temps de s’enquérir de son bien-être. Triste et accablé, il a été renvoyé chez lui pour préparer ses réponses, tout en étant empêché de communiquer avec son équipe, soulevant des questions sur la gestion de son retour.
### Un congédiement sans fondement
En octobre 2018, un courriel d’un directeur des ressources humaines à M. Barry a révélé un ton acerbe et inexplicable, où lui était refusé l’accès à un bureau promis antérieurement. Moins d’un mois plus tard, il a reçu une lettre de congédiement. Le TAT a évalué que les raisons avancées pour son licenciement étaient des prétextes fallacieux, et a exprimé des doutes sérieux sur la manière dont Hydro-Québec a mené son enquête.
### Échec de la gestion et répercussions sur la santé
Le tribunal a désigné l’ensemble du processus de gestion du dossier de M. Barry comme un “échec”, indiquant que la société d’État n’avait pas fourni d’objectifs clairs et avait fait de lui le bouc émissaire d’une équipe déjà dysfonctionnelle. Les conséquences de cette affaire ont été dévastatrices pour la santé mentale de M. Barry, qui a témoigné de l’impact profond sur sa vie personnelle.
### Décision du tribunal et indemnisation
Le TAT a récemment statué sur l’indemnisation que devra verser Hydro-Québec à M. Barry, qui avait initialement réclamé près de 336 000 $. Il a finalement reçu un montant total de 249 410 $, comprenant des pertes de revenus, des dommages moraux et punitifs, ce qui souligne l’importance du respect des droits des employés, même dans des postes de direction et de responsabilité.
### Réaction d’Hydro-Québec et engagements futurs
En réponse à cette décision, Hydro-Québec a annoncé qu’elle ne ferait pas appel et a réaffirmé son engagement à traiter sérieusement les plaintes de harcèlement. L’entreprise a également indiqué qu’elle s’efforce de prévenir de telles situations à travers des formations sur le harcèlement psychologique et une politique d’écoute active des employés.
