Le gouvernement du Québec a récemment pris une décision majeure visant à restreindre le nombre d’étudiants étrangers admis sur son territoire. Cette initiative prend effet à partir de l’automne 2025 et s’inscrit dans une démarche de régulation des admissions dans les établissements d’enseignement supérieur. Elle répond à une nécessité d’adapter les flux migratoires aux besoins économiques de la province.
Une réduction significative des quotas
Le ministre de l’Immigration, Jean-François Roberge, a annoncé que le nombre total d’étudiants étrangers pouvant obtenir un permis d’études sera limité à 124 760 entre le 26 février 2025 et le 26 février 2026, marquant ainsi une diminution de 20 % comparée aux chiffres de l’année précédente. Les programmes de formation professionnelle et de cégeps privés, notamment, seront particulièrement affectés par cette restriction, avec une allocation de 32 261 places, soit une réduction de 28 % par rapport à l’année précédente.
Une réponse aux enjeux actuels
Cette nouvelle réglementation vise à répondre à l’augmentation, jugée disproportionnée, des demandes de permis d’études qui a explosé de 140 % entre 2014 et 2023. Le gouvernement souhaite ainsi rediriger les admissions pour mieux coller aux besoins stratégiques du marché du travail tout en luttant contre les abus qui ont pu survenir dans le système.
Les universités face à un nouveau défi
Alors que les universités du Québec font déjà face à des défis d’attractivité, ces nouvelles mesures risquent de compliquer davantage leur situation. Bien que le quota d’admissions dans les universités reste stable à 63 299, la réduction des places disponibles dans les autres programmes pourrait entraver leurs capacités de recherche. En effet, les étudiants étrangers, notamment ceux des cycles supérieurs, constituent une ressource clé dans les activités de recherche académique.
Les inquiétudes grandissent parmi les acteurs du milieu universitaire
Des responsables universitaires, dont plusieurs recteurs, expriment leur crainte quant aux impacts négatifs que ces quotas pourraient avoir sur l’attractivité du Québec en matière d’éducation. Des voix s’élèvent pour souligner que le départ de ces étudiants étrangers pourrait représenter une perte considérable pour l’écosystème de recherche et d’innovation. Le recteur de l’Université de Montréal a souligné l’importance cruciale des contributions des étudiants étrangers au sein des programmes d’études et des projets de recherche.
Une politique qui soulève des interrogations
En encadrant plus strictement l’admission des étudiants étrangers, le gouvernement du Québec soulève des questions sur ses priorités en termes d’éducation et de croissance économique. La volonté d’orienter les flux migratoires vers des secteurs porteurs se heurte à la réalité des établissements d’enseignement qui dépendent d’un vivier diversifié d’étudiants pour croître et innover. Des débats s’imposent autour des répercussions à long terme de ces ajustements sur la réputation du Québec comme destination académique de choix.
