Les ménages ayant un revenu modeste sont souvent victimes d’une imposition excessive qui dépasse les 60%. Cette situation, connue sous le nom de ponction fiscale, affecte plusieurs familles au Québec. Face à une avancée de leurs revenus, ces foyers se retrouvent souvent pénalisés par des taux réels d’imposition qui sont alarmants, dépassant même le taux marginal le plus élevé appliqué aux contribuables riches.
### L’incompréhension du système fiscal
Le système fiscal canadien présente des failles qui en font une source de frustrations pour les travailleurs à faible et moyen revenu. Lorsqu’ils reçoivent une augmentation ou un revenu supplémentaire, ces ménages subissent à la fois une hausse des impôts et une diminution des aides sociales, ce qui entraîne une réduction de leur revenu net. Par conséquent, au lieu de bénéficier d’une amélioration significative de leur situation financière, ils voient leur revenu disponible grimper de manière très modeste, souvent bien en dessous de ce qu’ils auraient pu espérer.
### Des cas concrets d’injustice fiscale
Prenons l’exemple d’une personne seule dont le revenu est de 25 000 $. À ce niveau, son revenu net disponible s’élève à 25 004 $. Si cette même personne voit son revenu augmenter à 32 000 $, son revenu disponible ne croît que de 2783 $, créant ainsi un écart insupportable où 4217 $ sont perdus en taxe, soit un impressionnant taux d’imposition de 60 %. Ce phénomène se manifeste également chez des familles monoparentales. Pour une mère seule avec un revenu de 50 000 $, une augmentation de 10 000 $ ne lui rapporterait qu’un gain de 3889 $. Cela équivaut à un taux d’imposition marginal de 61 %, ce qui est inacceptable et démontre la nature punitive du système pour ceux qui aspirent à améliorer leur situation financière.
### Le cas des retraités
Les retraités ne sont pas épargnés par ces ponctions fiscales. Une personne âgée de 65 à 69 ans, sans autre revenu que sa pension, dispose d’un minimum de 24 430 $. Si elle décide d’augmenter sa retraite, par exemple en touchant des revenus additionnels, elle est susceptible de perdre entre 60 et 77 % de ce supplément, en raison des impôts et des réductions d’allocations sociales. Ce cas illustre encore une fois comment le système fiscal pénalise les petits revenus, les incitant à ne pas travailler ou à éviter l’augmentation de leurs revenus pour ne pas se retrouver dans une situation financière encore plus précaire.
### L’absurdité des taux d’imposition
Les cas de couples avec enfants confirment cette tendance alarmante. Considérons un couple qui voit son revenu familial passer de 50 000 $ à 51 000 $. Sur ce gain de 1000 $, les gouvernements fédéral et provincial prélèvent presque 1000 $! Ce taux d’imposition exorbitant, atteignant même 97,9 %, est une illustration frappante des dérives d’un système censé soutenir les contribuables, mais qui opère exactement le contraire.
### Un appel à la réforme
Pour redresser cette situation inéquitable, une réforme est nécessaire. Les autorités fiscales de Québec et d’Ottawa devraient envisager de limiter leurs prélèvements en fonction des taux marginaux d’imposition, afin que les foyers à faible revenu ne soient pas pénalisés lorsqu’ils cherchent à améliorer leur sort. Actuellement, les plus touchés par cette fiscalité abusive sont ceux qui se trouvent dans les premiers paliers d’imposition. Des changements structurels sont indispensables pour restaurer l’équité fiscale et encourager les ménages à développer leur potentiel sans craindre des conséquences financières désastreuses.
