Monsieur le Premier Ministre,
Le 15 janvier, vous avez exprimé vos inquiétudes concernant la perte potentielle de « jusqu’à 100 000 emplois » en raison des tarifs douaniers américains. Ce constat alarmant a également été accompagné d’un appel à l’unité pour trouver des solutions face aux tensions commerciales avec les États-Unis. Nous, soussignés, sommes prêts à répondre à cet appel et à agir.
La richesse que représente le réseau d’organismes d’accompagnement en emploi au Québec est indéniable. Ce tissu d’environ 400 organismes offre des services ciblés permettant à chaque individu de se réinsérer sur le marché du travail, de développer ses compétences et de contribuer à la croissance économique de notre province. Toutefois, nous nous interrogeons sur l’avenir de ces services si cruciaux. Pourquoi, alors que le risque de pertes d’emplois apparaît imminent, observe-t-on une diminution de leur budget et une restriction progressive de leur accès? En cas de crise, quelles seront les mesures pour accompagner les personnes touchées dans leur quête d’emploi? Comment faciliter leur reconversion vers des secteurs en forte demande?
Le potentiel de solution se trouve devant nous. Le Québec, avec son réseau déjà bien ancré, est en mesure de répondre efficacement aux besoins de sa main-d’œuvre et de ses entreprises. Les organismes que nous représentons connaissent intimement les réalités du marché de l’emploi dans chaque région. Il est donc impératif de garantir le maintien de cette infrastructure ainsi que de ses expertises. Exclure ces travailleurs de l’accès à ces services serait une erreur qui pourrait avoir des conséquences graves sur notre économie.
La menace d’une crise sur le marché du travail n’a jamais été aussi pressante. Face à des changements technologiques rapides, à l’automatisation accrue et à des défis économiques globaux, le Québec doit voir cette instabilité comme une opportunité. C’est l’occasion de transformer notre main-d’œuvre, de renforcer ses compétences et d’orienter nos efforts vers des emplois d’avenir. Le développement des compétences est essentiel pour réaliser notre transition vers une économie résiliente. Sinon, nous risquons une relance économique compromise et une perte de compétitivité.
Préparer le Québec à d’éventuelles crises nécessite un investissement réfléchi et soutenu dans nos services publics d’emploi ainsi que dans des programmes de formation pour les travailleurs. Ces démarches ne se limiteront pas à une simple réaction face aux crises économiques. Elles doivent également refléter nos objectifs et ambitions collectifs.
Monsieur Legault, nous souhaitons mettre à votre disposition notre collaboration et notre savoir-faire pour vous aider à honorer vos engagements envers l’économie du Québec. Nous sommes déterminés à nous mobiliser afin d’affronter cette situation ensemble et d’assurer un avenir meilleur pour tous nos concitoyens.
