Le gouvernement du Québec a récemment lancé un programme de soutien aux entreprises, nommé « Frontière », visant à atténuer l’impact des droits de douane imposés par les États-Unis. Ce programme permettra d’accorder une assistance financière significative, pouvant atteindre jusqu’à 50 millions de dollars par entreprise, pour une durée de 12 mois. L’initiative vise à aider les entreprises à revoir et à adapter leur modèle d’affaires ainsi que leur chaîne d’approvisionnement pour mieux faire face aux défis économiques actuels.
Les modalités d’aide financière sont conçues pour être accessibles. Les entreprises pourront bénéficier de prêts d’une durée maximale de sept ans, complétés par un moratoire sur les remboursements pouvant aller jusqu’à 24 mois. Ce mécanisme de soutien intervient alors que le premier ministre a indiqué que la province pourrait subir la perte de 100 000 à 160 000 emplois en raison de ces mesures protectionnistes américaines, soulignant l’urgence d’une réponse proactive pour préserver l’emploi au Québec.
Parallèlement à ces mesures financières, le premier ministre a exhorté les entreprises à se rapprocher d’Investissement Québec pour discuter de projets de développement. Cet appel vise à encourager l’innovation et l’expansion des entreprises québécoises, afin de se préparer à un avenir moins dépendant du marché américain.
En réaction aux droits de douane, des mesures plus fermes sont également mises en place. Le gouvernement prévoit de pénaliser les entreprises américaines lors de leurs soumissions pour des appels d’offres publics, comme un geste symbolique de résistance aux mesures commerciales jugées injustes. Par ailleurs, le gouvernement a demandé à la Société des alcools du Québec (SAQ) de retirer les produits alcooliques américains de ses magasins et de cesser les approvisionnements pour les épiceries et les établissements de restauration. Cette décision vise à renforcer la consommation de produits locaux tout en signalant une position ferme contre le protectionnisme américain.
Le premier ministre a rappelé l’importance de redéployer l’économie québécoise pour corriger les faiblesses structurelles qui l’affligent depuis des années. Selon lui, il est crucial que le Québec diminue sa dépendance à l’égard des marchés américains, et ce, en favorisant le développement d’une économie plus résiliente et diversifiée. Cette stratégie ne se limite pas uniquement à des mesures réactives, mais vise à construire un avenir économique plus autonome pour la province.
