Le changement de gestion au stationnement de l’aéroport Montréal-Trudeau a suscité une controverse sur les critères d’embauche d’un nouveau sous-traitant. Ce dernier, après avoir lancé une campagne de recrutement, a choisi de ne pas intégrer deux membres et un ancien représentant du syndicat de la société précédente. En raison de cette décision, les plaignants ont décidé de contester leur non-embauche devant le Tribunal administratif du travail (TAT).
### Les allégations des plaignants et la réponse de l’employeur
Les anciens employés soutiennent que leur rejet s’explique par leur passé en tant que représentants syndicaux, et non par les raisons invoquées par l’employeur. Ce dernier a tenté de justifier sa décision en affirmant que les trois individus n’avaient pas satisfait aux critères de disponibilité, de compétences interpersonnelles, de maîtrise du bilinguisme et de polyvalence. Malgré la présentation de ces arguments, les plaignants ont insisté sur le fait que ces raisons n’étaient que des prétextes.
### Évaluation des preuves par le Tribunal
La juge administrative Geneviève Drapeau a examiné les éléments de preuve présents au dossier. Le Tribunal a conclu que la non-embauche des plaignants ne pouvait pas être justifiée par les critères énoncés par l’employeur. La juge a noté que, durant la campagne, plus de 75 nouveaux employés avaient été sélectionnés, incluant plusieurs personnes sans expérience, ce qui rendait douteux les critères avancés par l’employeur pour écarter les membres syndicaux.
### Motifs de discrimination révélés
Le Tribunal a mis en lumière la nature antisyndicale de la décision d’embauche de l’employeur. Selon Drapeau, les raisons avancées pour expliquer le refus d’embaucher les plaignants sont considérées comme manifestement injustifiées. La décision du TAT souligne que la non-embauche était liée à leur historique en tant que représentants de l’Union des employé(e)s de service, affiliée à la FTQ, renforçant ainsi l’idée que la discrimination était à l’origine de leur exclusion.
### La décision du Tribunal et ses implications
Face aux constatations du Tribunal, il a été décidé que Precise ParkLink avait enfreint le Code du travail en choisissant d’écarter ces candidats en raison de leur engagement syndical. Le Tribunal a affirmé son autorité en matière de remédiation face à des cas de discrimination, en insistant sur son droit d’ordonner l’embauche des plaignants. La juge a donné un délai de huit jours à l’employeur pour procéder à leur embauche, insistant sur l’importance de rétablir une certaine justice pour ces anciens représentants syndicaux.
### Réaction de l’employeur et de la législation
Bien que l’employeur ait fait valoir que le choix de recruter était dans son droit, le Tribunal a affirmé qu’il avait la compétence et les pouvoirs nécessaires pour interjeter des décisions relatives à la discrimination. Cette affirmation met en lumière la portée des lois de travail au Québec, renforçant les protections accordées aux représentants syndicaux dans le processus d’embauche.
Les implications de cette décision pourraient influencer la manière dont d’autres employeurs abordent les questions liées à l’embauche, en veillant à ce que leurs décisions soient justifiées et non motivées par des considérations antisyndicales.
