Le conflit social qui secoue les librairies Renaud-Bray à Québec a pris une tournure légale suite à l’examen approfondi mené par le ministère du Travail. Ce dernier a conclu que l’entreprise a recouru à au moins sept briseurs de grève pendant une période de débrayage qui a commencé le 6 décembre.
Suite aux inquiétudes exprimées par le Syndicat des travailleuses et travailleurs de Librairie Renaud-Bray, affilié à la CSN, une enquête a été lancée. Le syndicat a déploré l’utilisation de travailleurs non grévistes pour effectuer des tâches normalement réservées au personnel en grève. L’enquête a été initiée afin d’évaluer la validité de ces allégations et de déterminer si des violations des lois du travail avaient eu lieu.
Les révélations de l’enquête sont frappantes : il a été prouvé que la succursale de Laurier Québec a effectivement utilisé des employés d’autres établissements pour maintenir les opérations pendant le conflit. Cette pratique va à l’encontre des dispositions du Code du travail, qui interdit expressément ce type de mesures pendant une grève.
Le dossier sera examiné par le Tribunal administratif du travail (TAT) lors d’une session prévue le 24 février. Les autorités judiciaires auront pour tâche de déterminer dans quelle mesure les conclusions du rapport sont fondées et si des mesures doivent être imposées à l’entreprise pour cette infraction.
Il convient de rappeler qu’un précédent jugement du TAT avait déjà stipulé que Renaud-Bray ne devait pas faire appel à des briseurs de grève. Ce jugement avait fait état d’une situation similaire, où des ressources externes avaient été mobilisées en contravention avec les règles en vigueur.
Les enquêtrices ont pu observer des preuves photographiques fournies par le syndicat, attestant de la présence de briseurs de grève dans les établissements touchés. À la suite de ces constatations, une visite à ladite succursale a révélé la présence de gestionnaires non liés à l’établissement des grévistes, y compris celui travaillant habituellement au siège social.
L’employeur a été contraint de produire des documents pour l’enquête, y compris des organigrammes, des descriptions de tâches, ainsi que des listes des employés bénévoles qui ont pesté pour maintenir les services pendant la période de grève.
Un communiqué diffusé par le syndicat dénonce fermement le recours aux briseurs de grève, soulignant que ce n’est pas la première fois que l’entreprise se retrouve sous le feu des critiques pour avoir transgressé la loi. La présidente de la CSN, Caroline Senneville, a exprimé son indignation, plaidant en faveur d’un accord équitable entre la direction et les employés.
La porte-parole du syndicat, Isabelle Nadeau, a rappelé que les négociations entre le personnel des librairies de Laurier Québec et des Galeries de la Capitale et l’employeur traînent depuis plus d’un an, les conventions collectives étant arrivées à expiration le 31 décembre 2023. Cette situation crée un climat de tension, exacerbé par les récents événements.
