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Un licenciement jugé « illégal » entraînera une perte de 250 000 $ pour Hydro-Québec.

L’histoire de Mody Oury Barry, employé d’Hydro-Québec pendant près d’une décennie, met en lumière des enjeux de harcèlement et de discrimination au sein de la grande société d’État. Après avoir été promu à un poste de cadre en mars 2017, il a rapidement rencontré des difficultés dans son nouvel environnement de travail.

Au début de son mandat, son supérieur l’avait mis en garde concernant la gestion d’une équipe réputée pour son dynamisme mais également pour ses comportements potentiellement racistes. Peu après son arrivée, M. Barry a ressenti une exclusion de certaines réunions et activités, semblant être à l’origine de tensions au sein de son unité. En réaction à ces situations, des plaintes ont été formulées contre lui, sans qu’il puisse comprendre leur origine.

Une enquête informelle a été réalisée par sa supérieure pour collecter des perceptions sur le climat de travail, mais les résultats ont semblé flous et peu concrets. Face aux impacts sur sa santé mentale, M. Barry a finalement pris un congé de maladie prolongé.

Durant son absence, il a déposé une plainte auprès d’Hydro-Québec pour harcèlement psychologique. Malgré une recommandation favorable de l’enquêteuse, la société a décidé de clore le dossier, ignorant les conclusions qui auraient pu l’aider à résoudre les conflits de manière constructive.

À son retour, en septembre 2018, il a été reçu par ses supérieurs, qui l’ont confronté à des accusations qu’il qualifie d’injustes. Ces responsables, qu’il décrit comme manquant de compassion, ne lui ont même pas offert un soutien après son congé de maladie. Ce traitement a profondément affecté M. Barry, entrainant une détresse émotionnelle importante.

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Dans les mois suivants, Hydro-Québec a adressé à M. Barry une lettre de congédiement, citant des motifs jugés « prétextes » par le Tribunal administratif du travail (TAT). Le tribunal a ainsi déterminé que l’absence de preuve solide et le caractère erroné des accusations menaient à un congédiement qualifié d’« illégal ».

Le TAT a également évoqué une gestion défaillante de la société d’État, soulignant qu’Hydro-Québec n’avait pas protégé son employé, mais au contraire l’avait isolé dans un moment déjà difficile. En conséquence, le tribunal a fourni des ordres de réintégration et de dédommagement.

Le verdict a récemment été rendu, obligeant Hydro-Québec à verser plus de 249 000 $, incluant à la fois des arriérés de salaire, des intérêts, ainsi que des réparations pour dommages moraux et punitifs. Ces décisions sont perçues comme un signal fort dans le domaine de la protection des employés contre le harcèlement psychologique, soulignant que les droits des cadres sont également fondamentaux, et appelant à des actions concrètes pour sécuriser des environnements de travail sains.

Hydro-Québec, tout en acceptant cette décision, a communiqué son intention de mettre en œuvre des mesures pour garantir la prevention de telles situations à l’avenir. Ces mesures comprennent des formations sur la reconnaissance et la gestion du harcèlement au travail, car la société affirme vouloir améliorer la culture de responsabilité au sein de ses équipes.

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