Le syndicat Unifor appelle à une redéfinition de l’économie canadienne
Unifor, le principal syndicat canadien du secteur privé avec près de 315 000 membres, 55 000 d’entre eux étant au Québec, a été fondé en 2013 par la fusion de deux organisations : le Syndicat canadien des communications, de l’énergie et du papier et le Syndicat des travailleurs canadiens de l’automobile. Cette union a non seulement renforcé le nombre de membres, mais a aussi permis d’affirmer une nouvelle vision du syndicalisme au Canada, en mettant l’accent sur le changement social et le soutien à la classe moyenne.
Unir les forces face à l’adversité
Face à un climat économique troublé par une guerre commerciale avec les États-Unis, Unifor incite à l’unité parmi les travailleurs. Daniel Cloutier, directeur d’Unifor pour le Québec, souligne l’importance cruciale de ce syndicat pour la défense des intérêts des travailleurs canadiens. L’objectif est d’utiliser cette « masse significative » pour négocier de meilleures conditions de travail et promouvoir une image renouvelée du syndicalisme, qui s’inscrit dans une dynamique de progrès plutôt que d’immobilisme.
Les enjeux économiques et sociaux sont au cœur des préoccupations
Cloutier souligne que les membres de Unifor ressentent une morosité ambiante, alimentée par l’incertitude sur l’avenir économique, notamment en raison des tarifs douaniers mis en place lors du conflit commercial avec les États-Unis. Les interrogations sur l’avenir de l’emploi et des conditions de travail sont omniprésentes, et les travailleurs craignent les conséquences directes de ces tensions sur leur secteur. Pour Cloutier, il est impératif que le Canada réinvente son économie pour réfléchir une indépendance accrue vis-à-vis des États-Unis, garantissant une stabilité durable pour les travailleurs.
Promouvoir le changement par l’engagement politique
Un des axes de travail d’Unifor consistera à influencer les politiques publiques en faveur d’un développement économique équitable. Cela passe par un lobbying actif auprès des gouvernements pour aborder divers enjeux touchant les secteurs du transport et de l’aérospatial. En mettant ces questions sur la table, le syndicat cherche à créer des occasions de dialogue avec les employeurs et à conclure des accords bénéfiques pour les travailleurs.
Vers une économie plus diversifiée
Pour l’avenir, Daniel Cloutier envisage une diversification de l’économie canadienne, particulièrement au-delà des matières premières. Il cite l’importance de l’innovation technologique et la nécessité de reconsidérer des constructions écologiques, comme l’utilisation du bois dans l’architecture moderne. Cette orientation pourrait permettre aux travailleurs de développer des compétences dans des domaines en pleine expansion, tout en réduisant leur dépendance économique envers les États-Unis.
Un appel à l’unité pour surmonter les défis
Dans cette période de turbulences, Cloutier appelle à un effort collectif de toute la classe ouvrière, car la division serait un obstacle aux progrès nécessaires. Le syndicat entend jouer un rôle de premier plan dans la redéfinition du paysage économique canadien, soutenant les travailleurs dans leur quête pour des conditions de travail plus justes et une meilleure reconnaissance de leurs contributions.
