Le chantier naval Davie exerce une pression sur le gouvernement fédéral pour accélérer la construction d’un important brise-glace polaire, promis dans le cadre de la Stratégie nationale de construction navale (SNCN). Bien que l’entreprise envisage une part de production à Helsinki, Ottawa cherche des garanties pour protéger les emplois à Lévis.
### Un projet d’envergure pour revitaliser l’industrie navale
Lancée en 2010, la SNCN vise à revitaliser la construction maritime canadienne en modernisant ses chantiers navals et en créant des emplois durables sur le territoire. Écarté pendant plusieurs années, le chantier Davie a finalement été intégré à cette stratégie en 2023, rejoignant d’autres acteurs majeurs comme Irving et Seaspan. En contrepartie, le gouvernement a assuré l’attribution de contrats de construction pour un brise-glace de classe polaire et plusieurs autres navires.
### Les aspirations de Davie face aux exigences fédérales
Davie souhaite entamer les travaux du brise-glace polaire afin de réduire les délais de livraison. Pour réaliser ce projet, l’entreprise a récemment acquis le chantier Helsinki Shipyards Oy, reconnu pour sa technologie avancée dans la construction de brise-glaces. Davie envisage de lancer la construction simultanément dans ses installations à Lévis et en Finlande, dans l’optique de maximiser l’efficacité et de livrer le navire avant 2030.
### Garanties d’emplois au Québec
Le gouvernement fédéral reste attentif aux besoins de Lévis et désire s’assurer que le projet bénéficie principalement aux travailleurs canadiens. Des garanties de retombées économiques, notamment en matière d’emploi et de contribution financière, sont en discussion. Ottawa veut veiller à ce que les localisations canadiennes, et en particulier le chantier de Lévis, reçoivent une part significative des travaux et des ressources associés à la construction.
### Emplois et retombées économiques
La construction du nouveau brise-glace pourrait engendrer environ 300 emplois directs au chantier naval et plus de 1200 emplois indirects dans la chaîne d’approvisionnement. Le potentiel économique du projet pourrait donc être considérable pour la région, revitalisant ainsi l’industrie maritime et créant des opportunités pour de nombreux Québécois.
### Appel à l’accélération des commandes
Le gouvernement du Québec, par la voix de son premier ministre, a également exprimé son soutien à Davie en demandant à Ottawa d’accélérer la livraison des commandes de brise-glaces. François Legault a mis en avant l’importance de la collaboration entre le Québec et le chantier naval pour garantir des bénéfices économiques considérables tout en permettant des améliorations technologiques grâce à l’acquisition de Helsinki Shipyard.
### Réciproque d’intérêts
L’investissement du gouvernement québécois dans le chantier finlandais s’inscrit dans une stratégie visant à renforcer les capacités de Davie, permettant ainsi de répondre à la demande accrue pour des brise-glaces modernes. Cette approche collaborative pourrait devenir un modèle d’efficacité dans le secteur navale, créant des emplois tout en répondant aux besoins stratégiques du Canada en matière de souveraineté arctique.
### Une vision d’avenir
Les discussions autour du projet de brise-glace révèlent des enjeux non seulement économiques mais aussi géopolitiques. Alors que le Canada fait face à des défis de souveraineté dans l’Arctique, revitaliser sa flotte de brise-glaces devient une priorité. Les engagements de Davie, couplés à une volonté d’accélérer les processus, deviennent cruciaux pour garantir que les objectifs de protection des emplois au Québec sont réalisés tout en respectant les exigences fédérales.
