Le 22 mars 2025, à la veille des élections fédérales, le gouvernement a mis en lumière un nouveau projet visant à modifier temporairement le régime d’assurance-emploi pour répondre aux besoins des travailleurs canadiens touchés par la guerre tarifaire avec les États-Unis. Cependant, bien que ces initiatives soient valables, elles ne prennent pas en compte les difficultés persistantes des employés des secteurs saisonniers dans certaines régions.
Analyse des Mesures Annoncées
Le projet pilote permet d’éliminer le délai carence entre le 30 mars et le 11 octobre 2025. Cela signifie que les chômeurs ne devront plus attendre pour percevoir leurs prestations. En outre, durant cette même période, les règles concernant le traitement des indemnités de cessation d’emploi, y compris les paiements en cas de rupture de contrat, les indemnités de départ et les congés payés, seront suspendues.
Néanmoins, ce dispositif présente une faille majeure : nombre de travailleurs dans les régions concernées termineront leur emploi bien avant la date limite du projet pilote, laissant ces bénéfices hors de portée pour eux.
Assouplissement des Critères d’Admissibilité
Parallèlement, le gouvernement a annoncé un assouplissement des critères d’accès à l’assurance-emploi en ajustant le taux de chômage appliqué aux régions. Ainsi, le minimum requis pour se qualifier sera revu à la baisse dans tout le Québec, le nombre d’heures minima étant limité à 630 heures par année. Le taux de chômage minimal sera fixé à 7,1 % là où il est actuellement à 6,1 % ou moins, avec des majorations pour les autres régions, montant jusqu’à 13,1 %.
Cependant, cette initiative ne sera valide que du 6 avril au 12 juillet 2025. Les travailleurs saisonniers, qui occupent leurs postes pendant cette période, risquent de ne pas en bénéficier, ce qui constitue une nouvelle exclusion.
Des Mesures Peu Efficaces pour l’Industrie Saisonnière
Il est indéniable que les réformes proposées apporteront un coup de pouce à certains nouveaux chômeurs touchés par la problématique des tarifs. Cependant, il semble que les régions fortement dépendantes de l’emploi saisonnier continuent de trinquer. Depuis de nombreuses années, des groupes tels qu’Action-Chômage Côte-Nord et le Mouvement autonome et solidaire des sans-emploi réclament des changements en profondeur au régime de l’assurance-emploi, mais face à l’urgence actuelle, les autorités semblent ne mettre en œuvre que des solutions minimales.
Les ajustements au taux de chômage ne seront en application que sur une période limitée, laissant les acteurs de l’industrie saisonnière en l’absence de protections adéquates alors que leur période d’emploi se termine, pour beaucoup, après l’expiration de ces mesures.
Un Appel à l’Action pour les Candidats Électoraux
Il est inacceptable que les programmes fédéraux continuent d’ignorer les enjeux spécifiques de l’industrie saisonnière. Les travailleurs de ce secteur doivent faire face à une réduction de leurs heures de travail sans pour autant profiter des ajustements prévus par le projet. Dans ce contexte, il est crucial de saisir cette période électorale pour exiger des candidats, quelle que soit leur affiliation politique, qu’ils s’engagent sérieusement à aborder les questions liées à l’assurance-emploi. Un mouvement collectif fort semble nécessaire pour faire entendre la voix de ces travailleurs marginalisés.
