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Des “défis significatifs” rencontrés par les infirmières étrangères au Québec, selon un rapport.

Un rapport gouvernemental révèle que des “obstacles majeurs” ont entravé l’intégration des infirmières étrangères au Québec, exacerbant les défis liés à leur installation, à leur formation et à leur adaptation à un nouveau environnement.

### Problèmes rencontrés lors de l’accueil des recrues

Dès le début de la phase pilote d’un programme visant à recruter 1500 infirmières étrangères d’ici 2028, plusieurs obstacles importants ont été constatés. Le rapport du ministère de l’Immigration met en lumière la difficulté d’installer ces professionnelles dans des régions souvent éloignées des grands centres urbains, où les infrastructures sont moins développées. Les nouvelles recrues ont dû faire face à une multitude de défis qui ont compliqué leur processus d’intégration et affecté leur participation à la formation.

### Difficultés liées au logement et à la vie quotidienne

Un des principaux problèmes relevés est la recherche de logements abordables. Ce défi est particulièrement aigu pour les infirmières arrivant avec des familles, certaines ayant jusqu’à cinq enfants. Le manque d’antécédents de crédit a aggravé la situation pour ces nouvelles arrivantes. Des solutions temporaires, telles que la construction d’unités modulaires en Gaspésie, ont été mises en place, mais elles ne répondent pas toujours à l’ensemble des besoins.

De surcroît, la pénurie de places en garderie a conduit à des choix difficiles pour les familles, empêchant souvent les conjoints de travailler. Les contraintes en matière de transport public ont également contraint de nombreuses infirmières à acquérir un véhicule, engendrant des dépenses imprévues qui complexifient leur budget.

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### Une formation peu adaptée aux réalités des recrues

Le programme de formation, qui s’étale sur neuf à quatorze mois, pose également de nombreux défis. Les nouvelles recrues ont exprimé un sentiment d’insatisfaction face à une charge de travail excessive, à des exigences académiques élevées, et à des méthodes de formation jugées inadaptées. Les tensions peuvent être accentuées par le stress lié à la peur de l’échec, pouvant entraîner l’expulsion du programme en cas de résultats insuffisants. Ces aspects n’ont pas été clairement communiqués aux candidates avant leur départ, laissant certaines d’entre elles se sentir mal préparées.

### Choc culturel et adaptation linguistique

Les infirmières étrangères font souvent face à un choc culturel important. Les spécificités du vocabulaire médical et des dialectes locaux peuvent rendre la communication difficile. Certains récits partagent des témoignages sur des discussions émotionnellement sensibles, notamment celles portant sur des sujets tels que l’avortement et l’aide médicale à mourir, qui peuvent créer des tensions dans un cadre d’apprentissage déjà exigeant.

Malgré ces incidents, il est encourageant de noter qu’une majorité des participants ont réussi la formation. Près de 90 % des étudiantes des premières cohortes auraient terminé avec succès, reflétant une capacité d’adaptation significative malgré des conditions difficiles.

### Nécessité de changer la communication et la préparation

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Les rapports affirment qu’il est essentiel d’améliorer la manière dont les recrues sont informées des réalités de la vie au Québec. Un portrait plus clair des défis financiers et pratiques qu’implique le déménagement dans une nouvelle région pourrait contribuer à mieux préparer les nouvelles professionnelles à ce qu’elles vont rencontrer. Le gouvernement, conscient des failles observées, travaille sur l’amélioration des processus d’accueil et de formation afin de minimiser les écueils pour les prochaines cohortes.

Xavier Daffe-Bordeleau, porte-parole du ministère, a indiqué que, grâce aux leçons tirées des expériences précédentes, les futures recrues auront accès à un soutien et à des informations plus complètes avant leur arrivée, leur permettant ainsi de mieux s’intégrer et de faire face aux défis de la vie quebécoise.