Il est crucial de réfléchir à la manière dont les investissements publics sont dirigés pour soutenir l’économie locale du Québec. La province a la possibilité de renforcer son industrie tout en créant des emplois durables pour ses citoyens. Cependant, plusieurs projets emblématiques, comme le pont de l’île d’Orléans, soulèvent des préoccupations quant à l’externalisation des contrats, mettant en évidence une tendance regrettable: le financement d’entreprises étrangères au détriment des ressources locales.
### Prioriser l’achat local pour la création d’emplois
Le soutien à l’économie locale ne se limite pas à un simple geste symbolique. En choisissant des matériaux et des services québécois, le gouvernement favorise non seulement la création d’emplois mais également le renforcement d’un savoir-faire unique qui a fait la réputation de la province. L’industrie de la construction, notamment celle de l’acier, emploie un grand nombre de travailleurs qualifiés. Lorsqu’un projet important est confié à des entreprises étrangères, c’est non seulement le secteur de la construction qui en pâtit, mais aussi l’ensemble de l’économie locale.
### Les défis de l’externalisation des projets
La concurrence sur le marché mondial est féroce, et certains projets nécessitent effectivement des compétences ou des équipements qui peuvent ne pas être disponibles localement. Néanmoins, il est impératif que le gouvernement privilégie les fournisseurs d’ici autant que possible. Le cas du pont de l’île d’Orléans illustre parfaitement ce point. En laissant la majeure partie du contrat à un consortium espagnol, on ignore les capacités et la main-d’œuvre disponibles au Québec. Cette situation est préoccupante, car elle entrave le développement des capacités locales et la consolidation des chaînes d’approvisionnement sur le territoire.
### L’importance d’une réponse gouvernementale proactive
Il est essentiel que les autorités régionales prennent conscience de l’urgence d’inclure les acteurs québécois dans les grands projets d’infrastructure. Récemment, une lettre a été envoyée à la ministre des Transports pour souligner le besoin pressant d’impliquer des entreprises locales dans le processus d’attribution des contrats. L’absence de réponse des ministères à ces préoccupations n’est pas seulement décevante; elle reflète une déconnexion entre les décisions politiques et les réalités économiques sur le terrain.
### Un appel à l’action en faveur d’une économie durable
Asseoir l’acier domestique comme choix privilégié pour les constructions publiques est un impératif. Les compétences et l’expertise des travailleurs québécois sont prêtes à être mises à contribution. En agissant de manière proactive pour garantir que les projets d’ampleur bénéficient à ceux qui les concrétiseront, le gouvernement peut non seulement stimuler l’économie, mais aussi garantir une pérennité des emplois dans un contexte où chaque poste compte.
### Vers l’avenir : des choix éclairés pour le Québec
Les décisions prises aujourd’hui en matière d’infrastructure auront un impact durable sur l’économie québécoise. En encourageant l’usage de ressources locales, le gouvernement a la possibilité de créer un environnement propice à l’innovation et à la croissance. Des choix éclairés et responsables permettront d’assurer que l’économie du Québec ne soit pas seulement une bénéficiaire des injections de fonds publics, mais qu’elle en soit aussi le moteur, en tournant résolument son regard vers l’avenir et en investissant dans sa propre résilience.
David Drouin
Président
Comité québécois de l’Institut canadien de la construction en acier (ICCA)
