Le Canada observe une tendance à la baisse du nombre de travailleurs temporaires, une situation inédite depuis plus de trois ans. Les chiffres publiés récemment indiquent une diminution significative de 28 341 résidents non permanents entre le 1er octobre 2024 et le 1er janvier 2025, atteignant ainsi un total de 3 020 936 individus, représentant 7,3 % de la population générale.
### Fluctuation migratoire : Une première depuis la pandémie
Ce recul marque un revirement notable, étant le premier depuis la fin de 2021, et la plus forte baisse enregistrée depuis le troisième trimestre de 2020, période où les restrictions sanitaires dues à la COVID-19 étaient particulièrement sévères. Les données indiquent que les mesures gouvernementales récentes ont probablement joué un rôle dans ce déclin, visant à réguler l’entrée de nouveaux travailleurs temporaires sur le sol canadien.
### L’Ontario fortement impacté par ce déclin
L’Ontario est la province la plus affectée par cette chute, ayant perdu 30 524 immigrants temporaires en seulement trois mois. D’autres régions comme la Colombie-Britannique et certaines provinces atlantiques ont également observé des baisses, bien que moins marquées. À l’inverse, des provinces comme Alberta, Yukon et les territoires du Nord-Ouest ont vu leur nombre de travailleurs temporaires croître, avec une augmentation de 6 632 résidents non permanents en Alberta au cours du dernier trimestre 2024.
### Un paysage contrasté au Québec
Au Québec, la situation présente des caractéristiques mixtes. Bien que la province ait connu une légère hausse de 1 875 immigrants temporaires, passant de 614 677 à 616 552, cette augmentation est largement attribuée à l’afflux de demandeurs d’asile. Le Québec abrite plus de 181 000 demandeurs d’asile, représentant 40 % du total national, tandis qu’il ne constitue que 22 % de la population canadienne. Toutefois, le nombre de titulaires de permis de travail a chuté de 5 118, bien que les permis d’études et les permis combinés aient affiché une stabilité relative.
### Mesures restrictives et impact sur la démographie
La récente baisse s’inscrit dans une stratégie plus large du Canada pour gérer une croissance démographique sans précédent, constatée en 2023, qui était cinq fois plus élevée que la moyenne des pays de l’OCDE. En réponse à cette situation, des restrictions ont été introduites, notamment par le gouvernement fédéral et le gouvernement du Québec, qui a imposé des limites au nombre d’étudiants étrangers dans les établissements d’enseignement supérieur. Les effets de ces mesures, qui visent à équilibrer l’immigration et à maintenir la cohésion sociale, restent à analyser.
### Chiffres et tendances démographiques au Canada
Au 1er janvier 2025, la population totale du Canada a atteint 41 528 680 habitants, dont 9 111 629 résidents se situent au Québec. La dynamique actuelle du marché du travail et de l’immigration continuera de jouer un rôle crucial dans la configuration démographique du pays, et les développements futurs dans les politiques migratoires seront déterminants pour l’attractivité du Canada en tant que destination pour les travailleurs temporaires.
L’évolution de cette situation nécessite une vigilance continue, tant pour le gouvernement que pour les acteurs économiques, afin de garantir que le marché du travail canadien demeure compétitif tout en répondant aux besoins socio-économiques du pays.
