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La situation de conflit de travail à Revenu Québec bloquée, selon la SPGQ

La grève des travailleurs de Revenu Québec : un conflit salarial en stagnation

À l’aube de la saison fiscale, les 5850 employés de Revenu Québec, chargés de la collecte des impôts pour l’État, se trouvent en grève durant les soirées et les week-ends. Leur syndicat, le Syndicat des professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ), a lancé ce mouvement le 18 janvier dernier, citant une série d’entraves et des méthodes de négociation de mauvaise foi de la part de l’employeur.

Un dialogue difficile

Sophie Ferguson, vice-présidente du SPGQ, a déclaré que les négociations étaient particulièrement compliquées. Au cours des derniers mois, le syndicat a déposé cinq plaintes auprès du Tribunal administratif du travail suite au comportement de l’Agence du revenu du Québec, sous la houlette du ministre des Finances. Malgré leurs efforts, le syndicat a tenté en vain d’obtenir une rencontre avec ce dernier pour solliciter son intervention afin d’accélérer les négociations.

En discussion pour le renouvellement de leur convention collective, arrivée à échéance en mars 2024, les deux parties sont en désaccord sur des points cruciaux, notamment la question des salaires. L’un des points les plus critiques, selon Sophie Ferguson, est la clause relative à l’indice des prix à la consommation, qui devrait assurer le maintien du pouvoir d’achat des employés face à l’inflation. Ce sujet, devenu incontournable, est un enjeu majoritaire pour les travailleurs.

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Une inégalité salariale à combler

Un bon nombre d’autres employés des secteurs public et parapublic ont déjà obtenu des clauses de protection contre l’inflation, notamment dans les domaines de la santé et de l’éducation. Toutefois, les professionnels de Revenu Québec se heurtent à un refus catégorique du ministre des Finances, Éric Girard, qui n’a pas fourni d’explication claire pour sa décision. Le syndicat a déclaré que les négociations se retrouvaient dans une impasse totale.

Le ministère a répondu en soulignant que Revenu Québec, en tant qu’employeur distinct, est responsable de ses propres négociations. Selon le cabinet du ministre, chaque règlement doit être adapté aux réalités spécifiques de chaque organisme, laissant ainsi les négociations se poursuivre au niveau approprié.

Préoccupations autour de la législation sur le droit de grève

Les employés de Revenu Québec s’inquiètent aussi du projet de loi 89, récemment présenté par le ministre du Travail, Jean Boulet. Ce projet vise à prendre davantage en compte les besoins du public en cas de grève ou de lock-out, un critère jugé trop flou, que le syndicat considère comme un prétexte pour restreindre les droits de grève. Selon Sophie Ferguson, ce projet pourrait constituer une attaque directe contre les droits fondamentaux des travailleurs.

Le climat est devenu encore plus tendu lorsque Revenu Québec a tenté de faire déclarer illégale la grève actuelle de soirées et de fins de semaine. Le Tribunal a statué en faveur du SPGQ le 27 janvier, confirmant ainsi la légitimité de cette grève, rappelant que le droit de grève est constitutionnellement protégé. Ce jugement marque un précédent important dans le contexte des luttes syndicales.

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Impact sur la saison fiscale

Bien que le personnel de Revenu Québec continue de travailler du lundi au vendredi, de 8 h 15 à 16 h 45, la grève pourrait perturber la saison des impôts pour les Québécois. Sophie Ferguson a souligné que les principaux travaux critiques et les mises à jour informatiques ont traditionnellement lieu pendant les soirées et les week-ends, ce qui pourrait engendrer des retards significatifs et affecter la productivité.

Cependant, les travailleurs ne souhaitent pas nuire aux citoyens, mais aspirent plutôt à obtenir une convention collective équitable et à résoudre ce différend dans les meilleurs délais.