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«Les ambulanciers mis à contribution pour des tâches infirmières : des paramédics de la Montérégie passent la nuit à l’urgence avec des patients»

L’AMÉLIORATION DES CONDITIONS DE TRAVAIL DES PARAMÉDICS DANS LA MONTÉRÉGIE

Les paramédics de la Montérégie se retrouvent souvent dans une situation difficile, notamment lors des périodes de forte affluence à l’hôpital du Suroît. Une récente situation inédite a mis en lumière cette problématique, où jusqu’à six paramédics ont dû rester au chevet de trois patients pendant presque toute une nuit. Ce manque de personnel et de matériel, comme les civières, a eu pour conséquence de retirer des ambulances de la circulation, augmentant ainsi les risques en matière de prise en charge des urgences sur le terrain.

DÉCALAGE ENTRE BESOINS ET RESSOURCES DISPONIBLES

Gaétan Dutil, président du syndicat CSN représentant les paramédics de la région, a exprimé son indignation face à cette situation, arguant que la main-d’œuvre disponible pour répondre aux urgences sur la route est considérablement réduite. En effet, une équipe de deux ambulanciers est restée immobilisée à l’urgence de l’hôpital du Suroît pendant près de 12 heures, forçant d’autres équipes à effectuer des déplacements importants pour secourir des patients. Cette réaffectation des tâches, initialement prévues pour le personnel infirmier, met également en lumière le changement de rôle des paramédics, qui se voient parfois contraints de remplir des missions qui ne leur incombent pas.

LA PRESSANTE PROBLÉMATIQUE DES CIVIÈRES

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Selon la Coopérative des techniciens ambulanciers de la Montérégie (CETAM), cette situation est qualifiée d’« inhabituelle », mais elle reflète une tendance inquiétante. À certains moments, près de 50 % des ambulanciers étaient présents à l’hôpital pour gérer des patients qui auraient dû être triés plus rapidement. La pénurie de civières s’avère être un problème déterminant, entraînant des délais d’attente pouvant atteindre des heures pour les ambulanciers, qui doivent demeurer disponibles pour leurs patients jusqu’à leur prise en charge par le personnel médical.

UN ENCHAÎNEMENT DE SITUATIONS CRITIQUES

Les témoignages de paramédics montrent une détérioration progressive de la situation, tous s’accordant à dire que ces problèmes s’observent également dans d’autres secteurs de la Montérégie, comme à Châteauguay, où plusieurs ambulances sont souvent immobilisées pour des périodes prolongées. Ces incidents sont alarmants, d’autant plus que récemment, le CISSS de la Montérégie-Ouest a annoncé des compressions budgétaires impactant le nombre de postes d’infirmières et de préposés aux bénéficiaires, aggravant ainsi la crise de l’emploi dans le secteur de la santé.

RESSOURCES INSUFFISANTES POUR LES BESOINS CROISSANTS

Le CISSS a pris la peine de se défendre en soulignant le volume élevé de patients qui s’est présenté à l’hôpital, indiquant que 41 ambulances avaient tenté d’accéder à l’établissement alors que seules 31 civières étaient disponibles. Ce déséquilibre entre l’offre de services d’urgence et la demande croissante illustre la nécessité d’une réévaluation des ressources allouées au secteur de la santé. Les paramédics, en plus de leur rôle crucial de transport, se retrouvent souvent acculés à assurer le suivi des patients, ce qui engendre non seulement une surcharge de travail, mais également un impact sur la qualité des soins fournis à l’ensemble des patients.

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