Actualité

Québec rejette les nouvelles mesures d’Ottawa concernant les travailleurs étrangers dans le secteur de la construction.

Québec rejette les nouvelles initiatives fédérales concernant les travailleurs étrangers dans le secteur de la construction

Face à la pénurie de main-d’œuvre qui affecte le secteur de la construction, le gouvernement du Québec a décidé de s’opposer à certaines propositions du gouvernement fédéral visant à faciliter l’accès des travailleurs étrangers sans papiers. Ces mesures visent à atténuer les effets d’une insuffisance croissante de personnel qualifié dans divers domaines.

Des propositions du gouvernement fédéral

La semaine dernière, le ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, Marc Miller, a annoncé des mesures temporaires permettant notamment aux apprentis étrangers de compléter leur formation sans avoir à posséder un permis d’études. Un projet que le Québec n’entend pas mettre en œuvre, puisque la province gère elle-même la sélection de ses immigrants. Le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI) a déclaré qu’il ne suivra pas cette direction, soulignant qu’il n’avait pas été consulté au préalable sur ces initiatives.

Un autre modèle pour attirer les travailleurs

Le gouvernement québécois préfère une approche qui s’inscrit dans le cadre des voies d’immigration régulières. Le MIFI mise sur le Programme de sélection des travailleurs qualifiés, qui permet un accès plus structuré et durable à l’immigration. Cette méthode vise à garantir que les travailleurs intégrés dans le milieu de la construction soient sélectionnés de manière définitive, en contrastant avec les solutions temporaires proposées par le fédéral.

A lire :  Des Canadiens escroqués de plus de 1,2 M$ : un réseau criminel chinois derrière une arnaque aux faux emplois chez Amazon.

Le projet pilote de Toronto et ses implications

Miller a défendu sa logique en évoquant un projet pilote instauré dans le secteur de Toronto, qui pourrait faire bénéficier environ 6000 travailleurs sans papiers d’un statut légal pour exercer leurs fonctions. Il a souligné l’absurdité de demander à des travailleurs qui sont déjà établis de quitter le pays, une position qui a conduit à des échanges vifs sur la nécessité de mieux intégrer ces individus au marché du travail.

Les enjeux de la pénurie de main-d’œuvre au Québec

Les spécialistes estiment que le secteur de la construction au Canada ferait face à un besoin de 85 500 travailleurs au cours de la prochaine décennie, un chiffre alarmant qui souligne l’urgence d’agir. Au Québec, cette problématique est vive, selon l’Association de la construction du Québec (ACQ), qui insiste sur l’importance d’augmenter le flux de travailleurs étrangers temporaires pour faire face à la demande croissante.

Félix Rhéaume, dirigeant des affaires publiques et gouvernementales de l’ACQ, a reconnu que le Québec doit explorer toutes les options pour attirer davantage de travailleurs étrangers. Compte tenu de la multiplication des projets de construction nécessaires pour répondre aux enjeux économiques et infrastructurels, le manque de main-d’œuvre devient un obstacle majeur à la croissance.

Vers une nécessité d’agir

A lire :  Il est essentiel de renforcer les fondations du programme d'assurance-emploi du Canada.

Avec l’augmentation des chantiers, notamment en réponse aux conditions économiques et aux fluctuations du marché, le défi de la main-d’œuvre s’affirme chaque jour. Les entreprises du secteur de la construction s’inquiètent de la capacité à recruter les talents nécessaires pour honorer les contrats et soutenir le développement des infrastructures essentielles dont le Québec a cruellement besoin.