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Découvrez les principaux éléments du budget du Québec.

Le ministre des Finances du Québec, Éric Girard, a dévoilé les grandes lignes du budget pour l’année financière 2025-2026, mettant en avant des chiffres révélateurs sur la situation économique de la province. Avec un déficit record de 13,6 milliards de dollars prévu pour cette période, le gouvernement s’engage à maintenir ses efforts pour rétablir l’équilibre budgétaire.

Prévisions budgétaires et déficit : un état des lieux

Pour 2024-2025, le déficit initial estimé à 11 milliards de dollars a été revu à la baisse, s’établissant désormais à 10,4 milliards de dollars. Toutefois, la tendance à la hausse se poursuit avec un déficit attendu de 9,5 milliards de dollars en 2026-2027, et consacrant une stratégie de réduction progressive qui verra le déficit atteindre 1,5 milliard en 2028-2029, avec un retour à l’équilibre budgétaire projeté pour 2029-2030.

Scénarios économiques en période d’incertitude

Éric Girard a élaboré ce budget dans un contexte d’incertitudes liées aux tensions commerciales avec les États-Unis. Les prévisions se basent sur le scénario où des droits de douane réduits à 10 % seraient appliqués pendant deux ans. Cette situation pourrait impacter le PIB à la baisse de 0,7 point, entraînant une perte de 25 000 emplois. Malgré cela, la province devrait éviter la récession, avec une croissance soutenue de 1,1 % en 2025 et de 1,4 % en 2026.

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En revanche, un maintien des droits de douane élevés à 25 % pourrait plonger le Québec en récession, avec un recul de 0,1 % du PIB en 2025 et une modeste reprise de 0,5 % l’année suivante. Dans un scénario optimiste avec un règlement rapide des différends commerciaux, une croissance de 1,8 % en 2025 suivie de 2,0 % en 2026 serait envisageable.

Investissements dans les infrastructures pour stimuler l’économie

Le budget consacre une bonification significative au Plan québécois des infrastructures, qui passe à 164 milliards de dollars sur une période de dix ans, représentant une augmentation de 11 milliards de dollars (7 %). L’objectif est de renforcer l’économie grâce à des investissements moyens de 19 milliards de dollars par an sur les trois prochaines années, afin de réaliser des projets de manière plus efficace et rapide.

Soutien à la transition énergétique et aux véhicules écologiques

Un autre aspect saillant du budget est la réintroduction du programme Roulez vert, qui favorisera l’achat de véhicules électriques et hybrides rechargeables à partir du 1er avril. Des rabais allant jusqu’à 4 000 dollars pour les véhicules neufs et 2 000 dollars pour les véhicules d’occasion seront offerts. Cependant, pour compenser la non-contribution des propriétaires de véhicules électriques au financement du réseau routier, une contribution annuelle de 125 dollars sera instaurée.

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Augmentation des dépenses en santé et éducation

Les dépenses des programmes subiront une augmentation de 2 % pour l’année 2025-2026, tandis que le secteur de la santé et des services sociaux connaîtra une hausse de 3,3 %. Pour le domaine de l’éducation, l’accroissement sera de 2,9 %. Ces ajustements budgétaires visent à soutenir des secteurs vitaux sans tenir compte des investissements en infrastructures.

Réforme du soutien à l’innovation

Une réorganisation dans le soutien à l’innovation a également été annoncée. Huit mesures existantes seront supprimées et remplacées par un Crédit d’impôt pour la recherche, l’innovation et la commercialisation (CRIC). Cette réforme vise à inverser la tendance à la baisse de l’activité en recherche et développement chez les entreprises, en incitant davantage d’investissements dans ce domaine stratégique.

Abolition du bouclier fiscal

Le "bouclier fiscal", destiné à compenser les pertes de transferts sociaux suite à une hausse de revenu d’emploi, sera aboli. Cette mesure touchera environ 140 000 personnes, entraînant une perte moyenne annuelle de 244 dollars pour les bénéficiaires. Cette décision devrait permettre au gouvernement de réaliser des économies estimées à 138,8 millions de dollars sur quatre ans.